BRIBES EN LIGNE
dernier vers aoi station 7 : as-tu vu judas se les dieux s’effacent la musique est le parfum de chaises, tables, verres, quelques autres cyclades, iii°       crabe- vous n’avez au commencement était langues de plomba la poussées par les vagues je déambule et suis     m2 &nbs martin miguel art et madame est une l’impression la plus que d’heures bel équilibre et sa       l̵ même si paroles de chamantu l’une des dernières       sabots dernier vers s’il  hier, 17 et nous n’avons rien si j’étais un pour qui veut se faire une mes pensées restent le samedi 26 mars, à 15 quai des chargeurs de     les provisions   le 10 décembre onzième exode, 16, 1-5 toute     rien     quand et combien       et       il je ne sais pas si c’est un peu comme si,       &agrav     surgi vertige. une distance voici des œuvres qui, le d’abord l’échange des en cet anniversaire, ce qui tu le saiset je le vois    tu sais mon cher pétrarque, madame, on ne la voit jamais ….omme virginia par la ce poème est tiré du max charvolen, martin miguel dernier vers aoi f les marques de la mort sur l’attente, le fruit cet univers sans quand les mots       (       neige quant carles oït la spectacle de josué dit dernier vers aoi ce le travail de bernard dont les secrets… à quoi       fourr& c’est la peur qui fait sous l’occupation dans le respect du cahier des ...et poème pour f les feux m’ont j’ai longtemps       l̵       pour "le renard connaît le scribe ne retient tout mon petit univers en       j̵  référencem       voyage quand sur vos visages les il était question non dorothée vint au monde la danse de       sur clers fut li jurz e li titrer "claude viallat, c’est une sorte de g. duchêne, écriture le cette machine entre mes au lecteur voici le premier             dans et que vous dire des voudrais je vous pour yves et pierre poher et pour nicolas lavarenne ma trois tentatives desesperees intendo... intendo ! se reprendre. creuser son       vu       montag preambule – ut pictura très malheureux... r.m.a toi le don des cris qui etait-ce le souvenir a ma mère, femme parmi "mais qui lit encore le je meurs de soif       l̵ la cité de la musique derniers vers sun destre bernard dejonghe... depuis et si tu dois apprendre à tous ces charlatans qui lorsqu’on connaît une  née à et…  dits de pluies et bruines, macao grise il en est des meurtrières. mais jamais on ne le texte qui suit est, bien autre essai d’un       soleil       mouett       les pour andrée elle disposait d’une  “... parler une raphaËl un nouvel espace est ouvert il n’est pire enfer que pour andré tous feux éteints. des    au balcon 1- c’est dans genre des motsmauvais genre " je suis un écorché vif.       le le lent déferlement       la la mastication des  au travers de toi je exacerbé d’air temps de pierres (À l’église pour mon épouse nicole premier vers aoi dernier le lourd travail des meules l’appel tonitruant du  dans toutes les rues le 26 août 1887, depuis le galop du poème me un besoin de couper comme de nous avancions en bas de       en pour lee cinquième essai tout démodocos... Ça a bien un les premières antoine simon 30 agnus dei qui tollis peccata générations buttati ! guarda&nbs l’éclair me dure, elle ose à peine       longte antoine simon 12 chaque automne les pour helmut       ...mai la vie est ce bruissement nécrologie       rampan     oued coulant dans les hautes herbes   adagio   je       la le 15 mai, à  dernières mises chaque jour est un appel, une madame des forêts de c’est ici, me     chambre depuis ce jour, le site décembre 2001. dernier vers aoi merle noir  pour un tunnel sans fin et, à nous serons toujours ces       soleil madame dans l’ombre des le ciel de ce pays est tout dernier vers aoi mise en ligne d’un pour michèle aueret les dessins de martine orsoni vous avez sainte marie, pour philippe ce va et vient entre af : j’entends "moi, esclave" a deux ajouts ces derniers il semble possible       &n apaches :       &eacut la vie est dans la vie. se ainsi fut pétrarque dans al matin, quant primes pert et voici maintenant quelques grande lune pourpre dont les       longte Ç’avait été la sculpter l’air :     au couchant       & le recueil de textes il n’était qu’un il souffle sur les collines d’un bout à cet article est paru ce texte se présente  la toile couvre les       entre allons fouiller ce triangle petites proses sur terre petit matin frais. je te ce qui aide à pénétrer le À peine jetés dans le       pav&ea       le 0 false 21 18       le troisième essai et pour marcel c’est la distance entre autre citation"voui attendre. mot terrible.       aux deuxième essai le deuxième suite       ruelle  mise en ligne du texte arbre épanoui au ciel       arauca       m̵ rimbaud a donc à sylvie marie-hélène le corps encaisse comme il   au milieu de la légende fleurie est de profondes glaouis on dit qu’agathe pour michèle gazier 1) suite du blasphème de "et bien, voilà..." dit  tu ne renonceras pas.     &nbs le désir de faire avec dernier vers aoi  tu vois im font chier       un       que dans le pain brisé son       une le "patriote", de proche en proche tous   (dans le au rayon des surgelés tout en vérifiant antoine simon 9       coude       é c’était une sa langue se cabre devant le il ne sait rien qui ne va écoute, josué, granz fut li colps, li dux en bal kanique c’est l’existence n’est  au mois de mars, 1166 temps de cendre de deuil de temps de bitume en fusion sur carmelo arden quin est une       neige "ces deux là se les amants se j’aime chez pierre nice, le 18 novembre 2004 deuxième apparition ne faut-il pas vivre comme f toutes mes       juste un mot pour annoncer « amis rollant, de passent .x. portes, zacinto dove giacque il mio la réserve des bribes       un       dans sables mes parolesvous       entre    en chercher une sorte de passet li jurz, la noit est pour maguy giraud et histoire de signes .       maquis       apparu       la dernier vers aoi si elle est belle ? je       " à cri et à     du faucon "tu sais ce que c’est "je me tais. pour taire.       sur macles et roulis photo 3 immense est le théâtre et       descen     &nbs libre de lever la tête comme ce mur blanc       la premier essai c’est alocco en patchworck ©       le dernier vers aoi encore une citation“tu       dans       fleur       sur   1) cette jamais si entêtanteeurydice       au tromper le néant     à frères et pour pierre theunissen la   la baie des anges tes chaussures au bas de       dans       "       force antoine simon 33 l’instant criblé il y a des objets qui ont la effleurer le ciel du bout des avant propos la peinture est pour martine il ne reste plus que le nous dirons donc "ah ! mon doux pays, pourquoi yves klein a-t-il toulon, samedi 9 etudiant à dernier vers aoi pour jean-louis cantin 1.- sequence 6   le les enseignants : À la loupe, il observa       "       vaches les installations souvent, le geste de l’ancienne,       les     pluie du 1.- les rêves de constellations et  “la signification « e ! malvais si j’avais de son       sur des voiles de longs cheveux quand il voit s’ouvrir, pas même les durand : une       au (en regardant un dessin de autre petite voix dans l’innocence des c’est la chair pourtant les plus vieilles ma mémoire ne peut me       une si, il y a longtemps, les la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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