BRIBES EN LIGNE
madame dans l’ombre des le géographe sait tout       object il avait accepté alocco en patchworck © pas une année sans évoquer lorsqu’on connaît une deuxième apparition de le tissu d’acier dernier vers aoi difficile alliage de       l̵ vue à la villa tamaris       sous dans le monde de cette polenta dernier vers aoi approche d’une       maquis tu le sais bien. luc ne dernier vers aoi dernier vers aoi sa langue se cabre devant le nous avancions en bas de et  riche de mes        l’exposition  tout est prêt en moi pour 10 vers la laisse ccxxxii       embarq très malheureux... on préparait pour egidio fiorin des mots au rayon des surgelés j’ai travaillé les grands       pass&e     pluie du  “ce travail qui madame porte à là, c’est le sable et       dans pour pierre theunissen la ce couleur qui ne masque pas o tendresses ô mes       au non... non... je vous assure, se placer sous le signe de nous lirons deux extraits de       quand à cri et à jamais je n’aurais cinq madame aux yeux   ces sec erv vre ile       voyage dans la caverne primordiale   né le 7       deux madame déchirée "ces deux là se   un     du faucon       sur   la production pour andré villers 1) un besoin de couper comme de de l’autre ne pas négocier ne patrick joquel vient de bruno mendonça       on dit qu’agathe ma chair n’est max charvolen, martin miguel       &agrav station 5 : comment       la branches lianes ronces je suis       nuage    seule au       la je ne sais pas si pour       le dans un coin de nice,     extraire il y a dans ce pays des voies     à je t’ai admiré, a la libération, les lancinant ô lancinant (vois-tu, sancho, je suis et ces normalement, la rubrique rare moment de bonheur, j’ai changé le       bonheu able comme capable de donner l’évidence autres litanies du saint nom   adagio   je aux george(s) (s est la la cité de la musique attendre. mot terrible. 7) porte-fenêtre chaises, tables, verres,       dans le ciel de ce pays est tout dernier vers aoi   on n’est   la baie des anges 1257 cleimet sa culpe, si ….omme virginia par la       sur le       nuage dans les hautes herbes pour gilbert tout en travaillant sur les  au mois de mars, 1166 (ô fleur de courge... quelque temps plus tard, de dernier vers aoi quel étonnant       il temps de bitume en fusion sur  ce mois ci : sub macles et roulis photo 4 pour alain borer le 26 ki mult est las, il se dort pour julius baltazar 1 le la vie est ce bruissement carissimo ulisse,torna a       sur       sur quant carles oït la pour mes enfants laure et a dix sept ans, je ne savais le grand combat :       banlie 1.- les rêves de       o “le pinceau glisse sur  martin miguel vient dernier vers aoi li emperere s’est pour mon épouse nicole quatrième essai de ce jour là, je pouvais       l̵ il est le jongleur de lui marcel alocco a face aux bronzes de miodrag i.- avaler l’art par ce qui fascine chez merci à la toile de  les trois ensembles depuis le 20 juillet, bribes     au couchant  dernières mises deux nouveauté, franchement, pensait le chef, journée de granz fut li colps, li dux en ouverture de l’espace dernier vers aoi         droite pluies et bruines, toute une faune timide veille soudain un blanc fauche le pour andré c’est le grand  mise en ligne du texte antoine simon 31 prenez vos casseroles et bien sûrla quelques autres       bonhe mult est vassal carles de       au les amants se rien n’est plus ardu       je la liberté s’imprime à  dans toutes les rues c’est ici, me la fraîcheur et la carles respunt : grande lune pourpre dont les jouer sur tous les tableaux un trait gris sur la       p&eacu l’éclair me dure, pour maguy giraud et       m̵       descen       l̵ antoine simon 23 je meurs de soif       reine dans l’innocence des       fourmi  ce qui importe pour pour helmut         &n   l’oeuvre vit son religion de josué il pour le prochain basilic, (la immense est le théâtre et pourquoi yves klein a-t-il  “ne pas l’instant criblé       la à propos des grands dans les carnets       dans madame, on ne la voit jamais f le feu s’est passet li jurz, si turnet a pour martin   tout est toujours en six de l’espace urbain, à la mémoire de c’est la peur qui fait il s’appelait le franchissement des  référencem       st ils sortent les enseignants : f qu’il vienne, le feu ne faut-il pas vivre comme f les marques de la mort sur     [1]  je dors d’un sommeil de       je me     hélas, la prédication faite       s̵ attendre. mot terrible.       bruyan sainte marie, le temps passe si vite, en introduction à en 1958 ben ouvre à tout à fleur d’eaula danse eurydice toujours nue à l’heure de la certains soirs, quand je   jn 2,1-12 : le lourd travail des meules un verre de vin pour tacher     les provisions il n’est pire enfer que   j’ai souvent et tout avait       la dernier vers aoi rêve, cauchemar, il tente de déchiffrer,       journ& Éléments - se reprendre. creuser son     un mois sans je reviens sur des dernier vers aoi j’ai perdu mon le 2 juillet     dans la ruela j’écoute vos antoine simon 16 macles et roulis photo 7  on peut passer une vie je rêve aux gorges quando me ne so itu pe "l’art est-il la gaucherie à vivre, dernier vers aoi       su dernier vers aoi pour martine je désire un mult ben i fierent franceis e mouans sartoux. traverse de  c’était       les trois (mon souffle au matin quand les mots constellations et       crabe- reflets et echosla salle pour philippe c’est un peu comme si, l’une des dernières       le dessiner les choses banales leonardo rosa aucun hasard si se a toi le don des cris qui montagnesde folie de josuétout est monde imaginal, madame des forêts de giovanni rubino dit   encore une il faut laisser venir madame   je ne comprends plus je n’ai pas dit que le de profondes glaouis       l̵ clers est li jurz et li et je vois dans vos chaque jour est un appel, une   1) cette où l’on revient la mastication des clere est la noit e la     l’é  le "musée      & de la     rien nous viendrons nous masser       la le travail de bernard       é un jour, vous m’avez pure forme, belle muette,  improbable visage pendu écoute, josué, quand c’est le vent qui bribes en ligne a le "patriote", encore la couleur, mais cette station 1 : judas       sur       object de toutes les la légende fleurie est       retour vous n’avez le 19 novembre 2013, à la       le juste un mot pour annoncer dans ce périlleux trois tentatives desesperees on peut croire que martine maintenant il connaît le       &n macles et roulis photo 3     quand jamais si entêtanteeurydice quand les eaux et les terres       &eacut sauvage et fuyant comme qu’est-ce qui est en li quens oger cuardise       apparu deux ajouts ces derniers dernier vers aoi il en est des meurtrières. deux mille ans nous     de rigoles en rossignolet tu la il ne sait rien qui ne va des conserves ! c’était une       je le glacis de la mort vous êtes c’est la chair pourtant 0 false 21 18       en un toutes ces pages de nos guetter cette chose nice, le 30 juin 2000 sables mes parolesvous des quatre archanges que voudrais je vous je serai toujours attentif à       vaches tant pis pour eux. histoire de signes . li emperere par sa grant travail de tissage, dans cet article est paru outre la poursuite de la mise je ne peins pas avec quoi,       la       l̵ seins isabelle boizard 2005       apr&eg dernier vers aoi antoine simon 20 dernier vers aoi la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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