BRIBES EN LIGNE
tous ces charlatans qui       grimpa (josué avait lentement il n’est pire enfer que   3   

les  un livre écrit le texte qui suit est, bien temps de bitume en fusion sur se placer sous le signe de ce va et vient entre j’entends sonner les et il parlait ainsi dans la sous l’occupation       & sables mes parolesvous  “la signification quand les mots rêves de josué,       rampan  monde rassemblé macles et roulis photo 3   en grec, morías dont les secrets… à quoi je rêve aux gorges       neige       cette il souffle sur les collines Éléments - c’est la chair pourtant d’abord l’échange des une autre approche de 1 la confusion des       sur passet li jurz, la noit est     chant de la gaucherie à vivre,       fleure rossignolet tu la       que (ma gorge est une al matin, quant primes pert dans ma gorge l’instant criblé toute trace fait sens. que pour marcel antoine simon 20 la littérature de d’ eurydice ou bien de À max charvolen et dernier vers aoi l’impression la plus pour martine, coline et laure À max charvolen et martin nice, le 30 juin 2000 le ciel de ce pays est tout et que vous dire des vous avez       le les durand : une macles et roulis photo 1 (dans mon ventre pousse une ce 28 février 2002.       midi dans les horizons de boue, de générations si grant dol ai que ne accorde ton désir à ta dernier vers s’il ce monde est semé ouverture de l’espace attention beau  il est des objets sur comme c’est je reviens sur des le proche et le lointain   ces sec erv vre ile au matin du Ç’avait été la la communication est je suis bien dans ce jour-là il lui printemps breton, printemps souvent je ne sais rien de reprise du site avec la  avec « a la       droite ce poème est tiré du  “comment       s̵ le vieux qui je me souviens de f les marques de la mort sur pour ma       au apaches : dans le monde de cette antoine simon 33 pour jean-louis cantin 1.- 13) polynésie pour michèle bruno mendonça pur ceste espee ai dulor e paien sunt morz, alquant       au       object   maille 1 :que    en « e ! malvais     &nbs       j̵    il je déambule et suis paysage de ta tombe  et très malheureux...       dans         &n antoine simon 22 vertige. une distance       montag dernier vers aoi       dans       l̵ ce qui fascine chez effleurer le ciel du bout des  dans le livre, le j’ai en réserve beaucoup de merveilles a dix sept ans, je ne savais station 5 : comment les premières rimbaud a donc   ciel !!!! madame dans l’ombre des guetter cette chose a toi le don des cris qui ce jour là, je pouvais       jonath       vu       dans comme une suite de au labyrinthe des pleursils 1 au retour au moment essai de nécrologie, dans les carnets l’évidence la mort d’un oiseau.       aux et la peur, présente clquez sur       &n le lourd travail des meules dernier vers aoi       "       l̵ ce pays que je dis est nice, le 8 octobre poème pour dernier vers aoi madame chrysalide fileuse le lent tricotage du paysage quand sur vos visages les présentation du nous savons tous, ici, que       vu       mouett un trait gris sur la     son iloec endreit remeint li os       apr&eg       é   six formes de la madame est la reine des allons fouiller ce triangle les cuivres de la symphonie il n’était qu’un a ma mère, femme parmi   l’oeuvre vit son je n’hésiterai dernier vers aoi le scribe ne retient sur la toile de renoir, les nous serons toujours ces     pluie du 0 false 21 18 halt sunt li pui e mult halt  tu vois im font chier onze sous les cercles j’ai donné, au mois de proche en proche tous       la jamais si entêtanteeurydice je ne peins pas avec quoi, dernier vers aoi et que dire de la grâce     oued coulant c’est vrai       le ecrire les couleurs du monde       " journée de pour lee pour daniel farioli poussant       o       bonhe dans ce périlleux et ma foi,   se la bouche pleine de bulles le 26 août 1887, depuis in the country       deux       au ce madame aux rumeurs dentelle : il avait premier essai c’est       au si, il y a longtemps, les       su pour jacqueline moretti,  l’écriture   entrons dernier vers aoi un temps hors du       enfant je dors d’un sommeil de     les fleurs du       la       apr&eg régine robin, giovanni rubino dit antoine simon 7       quand f les rêves de immense est le théâtre et pour nicolas lavarenne ma constellations et le nécessaire non portrait. 1255 : non... non... je vous assure, les textes mis en ligne la rencontre d’une le recueil de textes       sabots carcassonne, le 06 temps de pierres dans la la bouche pure souffrance l’existence n’est sous la pression des tandis que dans la grande    7 artistes et 1 patrick joquel vient de       bonheu la question du récit nous avons affaire à de       entre madame déchirée de tantes herbes el pre un verre de vin pour tacher       soleil       &n preambule – ut pictura (de)lecta lucta   à ma voix n’est plus que "je me tais. pour taire. quel ennui, mortel pour pour alain borer le 26 "mais qui lit encore le dernier vers aoi pour mes enfants laure et un jour, vous m’avez quelque temps plus tard, de dernier vers aoi madame, on ne la voit jamais « amis rollant, de et  riche de mes pour andré les lettres ou les chiffres dieu faisait silence, mais libre de lever la tête quando me ne so itu pe dernier vers aoi suite de       vaches edmond, sa grande légendes de michel et combien   tout est toujours en   la production "moi, esclave" a   pour le prochain zacinto dove giacque il mio carles li reis en ad prise sa tes chaussures au bas de       fleur     sur la pente       sur f dans le sourd chatoiement       marche       cerisi  tu ne renonceras pas.  on peut passer une vie saluer d’abord les plus rien n’est pour maxime godard 1 haute bal kanique c’est quatrième essai de la fonction, l’illusion d’une       crabe- pour frédéric chairs à vif paumes faisant dialoguer béatrice machet vient de     vers le soir  “ce travail qui   on n’est le samedi 26 mars, à 15       jardin je suis celle qui trompe tout est prêt en moi pour le corps encaisse comme il un nouvel espace est ouvert   je n’ai jamais pour pierre theunissen la bien sûr, il y eut dernier vers aoi des quatre archanges que       le  dernier salut au       retour il faut aller voir       apparu     nous  “s’ouvre de sorte que bientôt         or derniers vers sun destre titrer "claude viallat,       sur agnus dei qui tollis peccata deuxième suite thème principal : la vie est ce bruissement la brume. nuages j’aime chez pierre cet univers sans madame porte à li quens oger cuardise pour andré villers 1) il ne sait rien qui ne va dernier vers aoi raphaël       dans j’ai travaillé ajout de fichiers sons dans la musique est le parfum de tout est possible pour qui je t’enlace gargouille pour jean marie       fourr&       pass&e la liberté s’imprime à pour le prochain basilic, (la "la musique, c’est le   j’ai souvent face aux bronzes de miodrag     pourquoi coupé en deux quand du fond des cours et des la pureté de la survie. nul "ces deux là se il en est des meurtrières. les installations souvent, 1) notre-dame au mur violet dernier vers que mort pourquoi yves klein a-t-il       la passent .x. portes, dorothée vint au monde pour raphaël coupé le sonà les amants se sequence 6   le quand les eaux et les terres       il existe au moins deux o tendresses ô mes cet article est paru la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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