BRIBES EN LIGNE
    "       pass&e       la vos estes proz e vostre de soie les draps, de soie dans le train premier       pass&e halt sunt li pui e mult halt a ma mère, femme parmi références : xavier dans ce périlleux si j’étais un pour nicolas lavarenne ma lorsqu’on connaît une       dans ce va et vient entre   le texte suivant a pour lee intendo... intendo ! voudrais je vous c’était une pure forme, belle muette,  de la trajectoire de ce la poésie, à la  au mois de mars, 1166 « amis rollant, de   se  la lancinante il y a des objets qui ont la l’homme est  mise en ligne du texte nice, le 8 octobre grant est la plaigne e large dernier vers aoi   "pour tes À peine jetés dans le dans les rêves de la sixième  ce qui importe pour attendre. mot terrible. je ne sais pas si la danse de       bruyan temps où le sang se jamais je n’aurais polenta dessiner les choses banales       midi  martin miguel vient       coude ce n’est pas aux choses 1- c’est dans martin miguel il va falloir lentement, josué rêve, cauchemar, vous dites : "un       sur "ces deux là se antoine simon 9  avec « a la de tantes herbes el pre une autre approche de       à temps de bitume en fusion sur deuxième suite la route de la soie, à pied,  marcel migozzi vient de quant carles oït la     les provisions il en est des noms comme du dernier vers aoi le glacis de la mort pour max charvolen 1) neuf j’implore en vain       glouss       fourr&   la production nous dirons donc     le cygne sur  tu ne renonceras pas. écrirecomme on se cliquetis obscène des     chant de       la diaphane est le mot (ou entr’els nen at ne pui       j̵ ainsi alfred…       il le plus insupportable chez a la libération, les siglent a fort e nagent e  tous ces chardonnerets sur la toile de renoir, les station 5 : comment dernier vers que mort       je me avant dernier vers aoi ce qui importe pour je désire un tout est possible pour qui dernier vers aoi pour michèle gazier 1)       pav&ea     surgi bien sûr, il y eut madame est la reine des un homme dans la rue se prend     quand la brume. nuages présentation du en 1958 ben ouvre à et encore  dits       &n max charvolen, martin miguel branches lianes ronces       neige le passé n’est deuxième essai antoine simon 26       la toujours les lettres : toutes sortes de papiers, sur les plus terribles et ma foi, bernadette griot vient de souvent je ne sais rien de       "     à granz fut li colps, li dux en af : j’entends où l’on revient dans l’innocence des       sur dernier vers aoi effleurer le ciel du bout des très malheureux...  les trois ensembles antoine simon 23 a christiane       ruelle errer est notre lot, madame, mise en ligne du texte "les dernier vers aoi    si tout au long       la       jonath tout en vérifiant j’ai donné, au mois dernier vers aoi le ciel de ce pays est tout tout mon petit univers en rm : d’accord sur je t’ai admiré, corps nomades bouches l’illusion d’une       au l’attente, le fruit antoine simon 3 g. duchêne, écriture le ne faut-il pas vivre comme       les i.- avaler l’art par dans le patriote du 16 mars la vie est dans la vie. se   je dors d’un sommeil de il aura fallu longtemps - dernier vers aoi ses mains aussi étaient dernier vers aoi  au travers de toi je mise en ligne d’un c’est extrêmement jamais si entêtanteeurydice encore une citation“tu j’ai parlé clquez sur voile de nuità la buttati ! guarda&nbs       maquis elle réalise des   encore une les durand : une pour michèle f les feux m’ont       p&eacu ce texte m’a été j’ai travaillé antoine simon 25 de pareïs li seit la avant propos la peinture est cet univers sans j’ai donc il souffle sur les collines     dans la ruela nous lirons deux extraits de sables mes parolesvous outre la poursuite de la mise ne pas négocier ne franchement, pensait le chef,       sur les cuivres de la symphonie non, björg, ici, les choses les plus la question du récit       le normalement, la rubrique À l’occasion de pour daniel farioli poussant  dernier salut au ki mult est las, il se dort un jour nous avons madame, c’est notre libre de lever la tête       nuage début de la mise en ligne de dernier vers aoi pour yves et pierre poher et       o preambule – ut pictura poème pour chaises, tables, verres, mais jamais on ne       grimpa l’art n’existe chaque automne les Ç’avait été la     &nbs  le livre, avec antoine simon 30 un trait gris sur la f qu’il vienne, le feu cinq madame aux yeux le temps passe dans la introibo ad altare a la fin il ne resta que il n’était qu’un       st bribes en ligne a ….omme virginia par la ce qu’un paysage peut raphaËl antoine simon 33 je ne saurais dire avec assez       pour       le pour martine c’est la chair pourtant marché ou souk ou marie-hélène À max charvolen et martin première rupture : le tes chaussures au bas de À la loupe, il observa f les rêves de       dans et nous n’avons rien des conserves !  “s’ouvre petit matin frais. je te dans les écroulements    seule au       vaches merle noir  pour ma voix n’est plus que       je       b&acir glaciation entre       l̵ folie de josuétout est antoine simon 14 difficile alliage de       banlie zacinto dove giacque il mio vous deux, c’est joie et et  riche de mes la gaucherie à vivre, dernier vers aoi         chaque     après bernard dejonghe... depuis       " il n’est pire enfer que à la bonne       un tant pis pour eux.     chambre pour anne slacik ecrire est au seuil de l’atelier tu le saiset je le vois des voiles de longs cheveux villa arson, nice, du 17 temps de pierres dans la aucun hasard si se       vu       cerisi hans freibach :       soleil chairs à vif paumes       &agrav juste un mot pour annoncer dernier vers aoi si j’avais de son       les j’ai changé le et combien je t’enfourche ma ...et poème pour une fois entré dans la       sur le       m̵ macles et roulis photo 1 la pureté de la survie. nul le proche et le lointain       jardin       gentil       fleur  pour le dernier jour pour jean-louis cantin 1.- carissimo ulisse,torna a antoine simon 11 cet article est paru bal kanique c’est   si vous souhaitez giovanni rubino dit agnus dei qui tollis peccata on croit souvent que le but le géographe sait tout le geste de l’ancienne, 1 la confusion des pour marcel dans le pays dont je vous o tendresses ô mes quatrième essai de dans ma gorge antoine simon 7 antoine simon 31 clere est la noit e la s’ouvre la iv.- du livre d’artiste douce est la terre aux yeux feuilleton d’un travail attelage ii est une œuvre un nouvel espace est ouvert d’abord l’échange des “dans le dessin lorsque martine orsoni nous viendrons nous masser nous avancions en bas de nice, le 18 novembre 2004 ainsi va le travail de qui       juin "moi, esclave" a l’impression la plus 1-nous sommes dehors. pour andré villers 1)  si, du nouveau jouer sur tous les tableaux je t’enlace gargouille je crie la rue mue douleur    en   pour olivier on trouvera la video il existe deux saints portant moisissures mousses lichens       aujour il était question non dire que le livre est une derniers vers sun destre 1254 : naissance de madame, vous débusquez   dits de temps de pierres dans ce pays ma mère dernier vers aoi diaphane est le il ne reste plus que le dernier vers aoi     sur la pente       d&eacu deuxième essai le quelque temps plus tard, de antoine simon 12 ma chair n’est mult est vassal carles de       dans le coquillage contre pour rita est trois fois humble.  c’était     au couchant antoine simon 17  “la signification       au   anatomie du m et la parol

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YVES UGHES

<- Culte du 16 mai 2015 | Prédication du 28 janvier 2018 ->
Prédication du 22 novembre 2015
© Yves Ughes
Ecrivain(s) : Ughes (site)


Exode, 16, 1-5


Toute l’assemblée des enfants d’Israël partit d’Elim, et ils arrivèrent au désert de Sin, qui est entre Elim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Egypte. Et toute l’assemblée des enfants d’Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. Les enfants d’Israël leur dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l’Eternel dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis près de des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute ces multitude.
L’Eternel dit à Moïse : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par
jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. Le sixième jour, lorsqu’il préparera ce qu’ils auront apporté, il s’en trouvera le double de ce qu’ils ramasseront jour par jour.


Matthieu, 8-22 : Comment suivre Jésus
Jésus, voyant une grande foule autour de lui, donna l’ordre de passer sur l’autre bord. Un scribe s’approcha, et lui dit : Maître, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit : les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Un autre, d’entre les disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d’abord d’ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : Suis-moi et laisse les morts ensevelir les morts.


Matthieu, 30, 36-45.
Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici, et veillez avec moi. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! Il revint et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis.


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La scène qui se déroule à Gethsémané peut être perçue et comprise par un athée comme par un chrétien. Son intensité dramatique parle à tout un chacun. Jésus sent la mort qui approche, et le supplice qui s’annonce. Avec cette humanité qui fait de lui notre frère humain, il ressent de terribles angoisses, et il cherche la chaleur des autres, de ses disciples, de ses proches. Restez ici, et veillez avec moi. Il ne s’agit pas d’un ordre, d’une injonction, mais d’une prière, d’une demande. De telles suppliques nous traversent quand nous sentons le poids de la mort et des angoisses qu’elle engendre. Contre le froid qui s’annonce d’ores et déjà dans le corps, dans la chair est réclamée la chaleur des autres, de leur regard ; la chaleur de leur présence.
Jésus se situe ainsi au cœur du drame qui nous habite tous et toutes, au cœur de ce mystère d’être en vie qui nous conduit fatalement à la mort. Comment notre vie va-t-elle prendre fin ? Dans la dépendance et par quelles souffrances ? Le fils de l’homme éprouve, comme tous les hommes, la tristesse installée dans son corps.


Si chaque être humain peut comprendre ce passage des Evangiles il nous revient en tant que chrétiens d’en faire une lecture personnelle, d’en dégager un sens qui nous soit propre. Car lire c’est relier, mettre en connexion les textes entre eux afin de faire émerger une signification personnelle.
Et si lire la Bible c’est en relier des fragments pour en dégager du sens, il nous faut ne pas glisser sur le sens des mots et ne pas oublier que le mot religion vient de religare qui signifie aussi relier les hommes entre eux. Tel est le sens de notre lecture.


Face à la mort se dessinent dans les textes que nous avons lus différentes voies de fuite. Elles s’expriment en ces lignes, mais elles sont également en nous, n’en doutons pas un seul instant.


La première de ces tentations réside dans le sommeil. Pierre et les deux fils de Zébédée s’endorment en un instant particulièrement intense et tragique. Ils se révèlent ainsi à la fois profondément humains et terriblement humains. La mort rôde, Jésus connaît les douleurs de l’angoisse, il fait appel à eux…et leurs yeux s’appesantissent, ils dorment. On pourrait y voir une faiblesse condamnable, mais ce sommeil révèle en fait notre propre endormissement. Toutes les « informations » que nous recevons sont si terribles que nous fermons nos yeux, mentalement, et que nous nous endormons afin de ne pas être troublés dans notre confort de vie. Disant ceci nous ne formulons pas une condamnation morale, nous actons simplement une tentation humaine…celle de l’endormissement moelleux comme antidote à la violence de la vie et de la mort.


Vient ensuite la nostalgie, y compris la nostalgie du pire. Que ne sommes-nous morts par la main de l’Eternel dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis près de des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété. Ah, c’était tellement mieux avant ! Voici un peuple qui a connu les pires souffrances de l’esclavage, la mort et le mépris, le saccage des êtres. A peine est-il sorti, dès les premières épreuves, le voici mettant en scène un « âge d’or » qui vient se superposer sur les décennies de servitude et qui les magnifie en temps d’abondance. Notre mémoire est courte, et nous tentons de survivre ainsi, en nous créant des paradis passés et fictifs dès que les difficultés nous frappent dans le présent.


Enfin, le point extrême du sommeil pourrait être la mort, et l’attrait qu’elle exerce. La fascination de la mort peut prendre plusieurs formes, toutes conduisant vers le pire.
Il n’est pas question bien sûr de vouloir critiquer les rites que nous accordons à nos défunts. Ils sont signes de souvenir et disent que leurs vies continuent en nous.
Mais la tentation morbide est d’une autre nature, et le culte de la mort est une culture dangereuse. Cette fascination peut engendrer une tension telle qu’elle ne peut déboucher que sur le cataclysme.
Ne voyons pas que la paille qui est dans l’œil du voisin. Nous avons aussi nos poutres. Nombre d’écrivains ont été tentés par l’apocalypse, par la culture mortifère du néant, par la négation de tout, de tout espoir notamment. Ce nihilisme a toujours conduit au naufrage ses pratiquants et ses adeptes. On commence par glorifier « le voyage au bout de la nuit » et on finit par accompagner les convois qui avancent vers la noirceur des camps.
Le point extrême de cette fascination mortifère nous a été donné à Paris, vendredi dernier.
Les djihadistes, en se plaçant dans un système fermé, qui donne la mort, qui détruit avant l’heure ne sont rien d’autres que des êtres fascinés par le néant, et souhaitant en hâter la venue du pire. Il n’est rien de religieux dans leur action, il n’est rien qui relie, rien qui lie. Ils ne sont qu’un appel à la fraction des sociétés, des êtres.
Ils appellent la mort pour donner un sens à leur angoisse de vivre. Ils suppriment la peur qui est en eux en supprimant les autres avant de se faire exploser. Ils ne sont que des morts fascinés par l’ensevelissement des morts, dans un rituel sanglant dominé par le goût de la destruction.


Tous ces comportements –sommeil, nostalgie, goût du vide- sont marqués par une seule et même logique : celle de l’enfermement. Il est urgent de nos jours de redéfinir, de revivifier une culture de l’espoir, une culture de la « dilatation » comme l’affirme le philosophe Jean-Louis Chrétien, et nous tous, chrétiens, avons notre part dans ce combat pour l’ouverture et l’expansion.


Les textes que nous avons lus balisent un chemin d’espoir. En s’approchant d’eux nous découvrons autant de cailloux blancs qui nous proposent une marche vers la une nouvelle maison.


Chaque pas est marqué par la confiance. : les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Quelle audace de vie traverse cette phrase et la porte vers nous ! Nous pouvons y lire l’éloge de l’inconfort, du nomadisme. De l’ouverture donc, à l’espace, ouverture de la vie à l’aventure, dans un mouvement vers les autres. Là où nous accumulons les certitudes matérielles et donc mentales pour assurer notre confort, Jésus affirme aller sans tanière. Il avance dans la confiance vers la vie, ose ne pas se fixer, ni même se reposer. Tout se trouve ici dans le mouvement accepté de l’imprévu du lendemain. Et si, sans pour autant abandonner nos repaires, nous osions nous aussi aller au gré des jours et des pas, c’est-à-dire au gré des rencontres, en nous disant que, de toutes façons, Dieu est là, et que Jésus guide nos pas ? Nous aurions déjà fait beaucoup pour sortir de nos enfermements.


Dans ce mouvement qui nous porte en avant, Jésus nous donne en viatique l’audace de la libération. Un autre, d’entre les disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d’abord d’ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : Suis-moi et laisse les morts ensevelir les morts. Les rites sont certes nécessaires, mais ils se pratiquent souvent pour nous rassurer et donc nous enfermer : le rite réduit à notre intelligence ce qui nous échappe. Sortons donc du rituel, ayons l’audace de dépasser ce qui nous retient dans la contingence de la sécurité mentale et affective. Laissons les morts et pensons à la vie, allons vers la vie, mettons au cœur de nos cœurs le vivant, les vivants. Ils ont besoin de nous et nous d’eux, même si la démarche est difficile, plongeons avec joie et espoir dans la rencontre avec l’autre, surmontons les obstacles du « vivre ensemble », et créons de nouveaux espaces.


Dès lors, nous ne serons jamais seuls, car dans cette démarche audacieuse qui s’apparente à l’aventure humaine, qui nous définit en tant qu’humains si nous sommes capables d’avancer, le pain de la vie nous sera donné, distribué. Point de nostalgie, le bonheur n’est pas dans un paradis perdu, mais dans ce qui se crée, ici et maintenant, avec et par les autres. : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire. Une mise à l’épreuve ? Certes, mais dans la joie de l’ouverture et dans la dilatation de soi et du monde. N’ayons crainte d’accueillir en nous la parole de Jésus, même si elle nous impressionne. L’hôte qui vient taille la demeure qui est en nous et qui l’accueille à sa dimension.


Le philosophe Jean-Louis Chrétien a très bien su définir cette dynamique, en s’appuyant sur Saint Augustin : Serait-ce que tu aies peur de recevoir une si grande puissance, et qu’elle te trouble, tout comme les hommes de petite et d’étroite condition ont coutume d’avoir peur d’être obligés de recevoir dans leur maison de grands personnages de passage ? Rien n’est certes plus grand que Dieu : n’aies pas peur de tes étroitesses, reçois-le, et il t’élargit (suscipe illum et dilatat te)
Tu n’as rien à lui servir à manger ? Reçois-le et il te nourrit ; et ce qui est encore plus doux à entendre, il te nourrit de lui-même. Lui-même sera ta nourriture, car lui-même a dit : Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. La seule issue à cette hospitalité terrifiante et impossible, du fait de la radicale disproportion entre l’exiguïté de notre demeure, de notre intérieur, et la grandeur de celui qui vient est précisément que Dieu ménage lui-même les conditions de sa réception, en nous élargissant, en nous dilatant. L’inespéré n’est pas seulement dans l’identité du visiteur, mais aussi dans le mode de sa venue et de son irruption.


Prenons ce pain, et allons. Loin de tout ensevelissement, et dans la joie de la marche qui s’accomplit.


Amen.

Publication en ligne : 4 décembre 2015

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