BRIBES EN LIGNE
dans le train premier effleurer le ciel du bout des       neige rossignolet tu la antoine simon 31 nu(e), comme son nom vous dites : "un sous l’occupation       je me  “ce travail qui       arauca deuxième suite a ma mère, femme parmi pour marcel ce jour-là il lui    de femme liseuse  pour de dernier vers aoi l’homme est       jonath un titre : il infuse sa     l’é       alla ainsi va le travail de qui madame porte à la poésie, à la et te voici humanité la deuxième édition du autre citation"voui a propos de quatre oeuvres de       le  jésus un besoin de couper comme de si tu es étudiant en       bonhe je crie la rue mue douleur       nuage pour jacky coville guetteurs       dans lentement, josué bernadette griot vient de a la fin il ne resta que pure forme, belle muette, la vie humble chez les à cri et à mes pensées restent       juin il pleut. j’ai vu la recleimet deu mult dernier vers aoi le vieux qui merci au printemps des l’une des dernières       journ& toujours les lettres : c’est le grand nice, le 8 octobre jouer sur tous les tableaux derniers vers sun destre présentation du soudain un blanc fauche le       pass&e vertige. une distance antoine simon 6 envoi du bulletin de bribes (josué avait lentement     " vi.- les amicales aventures       longte madame est une torche. elle et si au premier jour il le pendu       sur  hors du corps pas antoine simon 16 (josué avait ce paysage que tu contemplais       sous       droite cet univers sans premier essai c’est ainsi alfred… pour michèle aueret comme une suite de  les premières nous viendrons nous masser poussées par les vagues bien sûr, il y eut À perte de vue, la houle des l’ami michel j’ai perdu mon autres litanies du saint nom  de même que les pas même reflets et echosla salle       la toulon, samedi 9 li quens oger cuardise       soleil le 15 mai, à les avenues de ce pays dans l’innocence des sous la pression des       &eacut vos estes proz e vostre bien sûrla       st antoine simon 27 la liberté s’imprime à je n’hésiterai l’art n’existe     chant de     oued coulant sur l’erbe verte si est       quand a supposer quece monde tienne mieux valait découper la lecture de sainte dans les carnets       ( il arriva que  mise en ligne du texte       le macles et roulis photo  il est des objets sur   l’oeuvre vit son madame chrysalide fileuse   d’un coté, première nous savons tous, ici, que quando me ne so itu pe apaches : pour andrée       au les étourneaux ! j’oublie souvent et quand nous rejoignons, en il n’était qu’un la route de la soie, à pied,       "   que signifie tous feux éteints. des passet li jurz, la noit est la terre nous bal kanique c’est accorde ton désir à ta le temps passe dans la     chambre madame est une À peine jetés dans le la vie est dans la vie. se une errance de les installations souvent, a christiane franchement, pensait le chef, ne pas négocier ne ecrire sur     au couchant       coude la question du récit  ce mois ci : sub     ton clers est li jurz et li tu le sais bien. luc ne et que vous dire des       voyage accoucher baragouiner on préparait couleur qui ne masque pas "la musique, c’est le       " normalement, la rubrique       au sculpter l’air :       maquis pour angelo 1. il se trouve que je suis       sur au seuil de l’atelier tes chaussures au bas de le lent tricotage du paysage al matin, quant primes pert       que dernier vers aoi onzième qu’est-ce qui est en au matin du       soleil il ne sait rien qui ne va 1) notre-dame au mur violet chaque jour est un appel, une rêve, cauchemar, beaucoup de merveilles    nous à la bonne sors de mon territoire. fais ils s’étaient on peut croire que martine quatrième essai rares       p&eacu antoine simon 19 nice, le 18 novembre 2004 un nouvel espace est ouvert attention beau et il parlait ainsi dans la l’heure de la       aux  l’écriture       la raphaël   je ne comprends plus le numéro exceptionnel de rien n’est c’est seulement au et la peur, présente     tout autour a dix sept ans, je ne savais       l̵ (ma gorge est une       enfant avant propos la peinture est dessiner les choses banales dernier vers doel i avrat,   nous sommes  martin miguel vient moisissures mousses lichens l’impossible   iv    vers granz est li calz, si se un jour, vous m’avez   pour théa et ses le nécessaire non le 28 novembre, mise en ligne traquer       &agrav de profondes glaouis eurydice toujours nue à   pour adèle et le 26 août 1887, depuis la mastication des ma mémoire ne peut me charogne sur le seuilce qui carcassonne, le 06 granz fut li colps, li dux en halt sunt li pui e mult halt il en est des noms comme du de toutes les écrirecomme on se etait-ce le souvenir le coeur du dans les hautes herbes il y a des objets qui ont la madame est la reine des dans les horizons de boue, de       fleure       qui       ...mai       les f toutes mes 0 false 21 18 approche d’une f dans le sourd chatoiement la légende fleurie est (vois-tu, sancho, je suis tromper le néant libre de lever la tête si j’avais de son       &n le 23 février 1988, il ….omme virginia par la     &nbs dans le pain brisé son dans le pays dont je vous "nice, nouvel éloge de la voudrais je vous « voici l’éclair me dure, “le pinceau glisse sur       entre grande lune pourpre dont les fin première deux nouveauté,       embarq       sur mille fardeaux, mille petites proses sur terre il existe au moins deux antoine simon 28 l’erbe del camp, ki       le dans les écroulements chaises, tables, verres,       apr&eg les durand : une constellations et la bouche pleine de bulles     [1]  antoine simon 5 j’arrivais dans les   je n’ai jamais comme c’est antoine simon 10 et tout avait     les fleurs du   ciel !!!!       un       " les dernières c’est ici, me rm : d’accord sur il est le jongleur de lui a claude b.   comme napolì napolì     quand je suis bien dans 1-nous sommes dehors.       une  “ne pas       descen et c’était dans bel équilibre et sa carles li reis en ad prise sa “dans le dessin la force du corps, on croit souvent que le but je me souviens de macao grise pour jean gautheronle cosmos     du faucon a propos d’une que d’heures Être tout entier la flamme pour jean-marie simon et sa af : j’entends quel ennui, mortel pour       les "le renard connaît 1 la confusion des outre la poursuite de la mise antoine simon 25 les amants se premier vers aoi dernier tout le problème 1.- les rêves de la gaucherie à vivre, je m’étonne toujours de la pour jean marie titrer "claude viallat, v.- les amicales aventures du normal 0 21 false fal f le feu m’a       reine  tu ne renonceras pas.   anatomie du m et « 8° de dernier vers aoi pour mireille et philippe       je me 1) la plupart de ces ouverture de l’espace à la mémoire de de pa(i)smeisuns en est venuz       &agrav et ma foi,       "     &nbs       gentil   (à   ces notes cliquetis obscène des pour andré villers 1) pour mes enfants laure et  ce qui importe pour f tous les feux se sont les petites fleurs des le 2 juillet  avec « a la les parents, l’ultime pour ma (en regardant un dessin de   j’ai souvent juste un introibo ad altare un jour nous avons antoine simon 26 ici, les choses les plus       sur  zones gardées de       un seul dans la rue je ris la on dit qu’agathe là, c’est le sable et  le grand brassage des la parol

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Légendes de Michel Butor


Phylactères de Raphaël Monticelli


 
Avant l’enthousiasme public Marie Antoinette s’accorde un brin de promenade devant les tribunes

“Oh ! Georges ! Oh !” se dit-elle en contemplant de dessous les gradins du 3ème degré de la tribune de gauche.- “Elle ne pense décidément qu’à ça !” rumine Milou d’un air de n’en rien vouloir dire mais qui n’en pense pas moins.
B. sourit et fait voler ses regards sur L qui commence à creuser son premier trou dans le sable avant de passer au travail de blanchiment.


 
La fanfare vient de sonner : les deux amies s’installent à leur fenêtre dans un virage spectaculaire.


“Regarde ! Regarde !” dit Aglaé à Marie Antoinette, en la poussant du coude. -”Mais oui ! Je regarde, je regarde” répond cette dernière, un peu agacée tout de même. Elle a hâte que commence le grand défilé et partage son émotion entre le souvenir de Georges et celui d’André.
B. sourit, il aspire le monde des yeux, dilate de plaisir les ailes de son nez, tandis qu’L. met en réserve les draps dans lesquels il se fait fort de pouvoir déchiffrer tous les souvenirs qui y sont inscrits et quelques autres.


 
Mère et fille essaient de nouveaux tissus imprimés pour faire bonne figure dans la foule.

“Vraiment trop décolletée celle-ci.” -”La mienne grossit un peu.” répond la petite. C’est que rien ne doit être trop beau pour faire partie de ceux qui regarderont le spectacle.
B. suce le monde, penche à peine la tête sur le coté droit, vraisemblablement pour signifier une satisfaction en attente de suite ; L. trie les draps qu’il a en réserve en fonction de leurs dimensions, de leurs poids et de leurs cicatrices.

 
Elle fouille à genoux sa bibliothèque effondrée à la recherche de renseignements sur la cérémonie du jour.

“Cette citation a propos de Georges, elle était pourtant bien chez Tacite, dans le De Agricola” se répète -t-elle avec désespoir en son for intérieur .
B. se défend d’être indiscret, ses mains se lèvent, présentent leurs paume en avant à plat ; L. déploie sur le sable des draps si grands que la terre seule peut leur servir de châssis.



 
Trois générations dans la même ferveur pour la tôle et les barbelés.


“Allons, allons ! pressons ! pressons ! “ dit Maman. “Viens, mémé, viens vite ! -Voilà ! Voilà ! Ne me bousculez pas ! Ces choses ne sont plus de mon âge, mon dieu ! et mes jambes, mes pauvres jambes me font tellement souffrir...”
Un morceau de toile était détachée du châssis, dit B. sa main droite part vers le haut pour y figurer un geste d’arrachement ; L. hésite au dessus des échancrures ou des trous que les draps font sur la terre. Il se dandine, tourne, regarde, s’inquiète, laisse la terre transpirer à travers les fibres, en piège les remontées humides.


 
Impétueuse, autoritaire, la caporale passe sa dernière revue de détail


“Gaarde à vous ! AAArme sur l’épauaul’ gauch !...”. Le vent qui pousse du désert donne à la bouche un goût de sable.
Tandis que la tête de B. se penche à peine en avant, ses cils battent doucement ; le métal, dit-il, fait penser aux armures. L. déchire maintenant des sacs voyageurs dont les lambeaux viennent se poser sur les parties humides des draps.



 
La lieutenante donne le départ aux colombes blindées.


“Prêtes au départ ?” -”prêtes”, disent les colombes. Elles s’évertuent à donner l’illusion des vrombissements d’avions, en claquant du bec sur de petits bouts de bois et des graviers d’une façon particulière, et en s’efforçant de donner prise au vent sur leurs rémiges tout en croisant dans le ciel.
La main droite de B. vient se poser sur sa main gauche dans une rapide caresse qui évoque l’action des rares pluies sur les sables de Petra... L. disperse des dunes colorées sur ses draps et ses lambeaux .


 
La capitaine constate un peu d’insubordination chez les corbeaux camouflés

“Silence dans les rangs ! silence !” “Il arrive, capitaine, il arrive”. Les corbeaux s’agitent d’inquiétude, bruissant, n’écoutant plus les ordres. “Le bruit court qu’il remonte le long des vieux chemins des rivières, dans une puissante tenue de camouflage, à l’abri des ombres de lunes.”
L’oeil se fixe, la tête se rejette en arrière, B. écoute ; après l’ancien rite des terres, L. entreprend celui, plus antique, des eaux.

 
La colonnelle écoute le rapport de la mésange espionne.


“Il se terre au fin fond des déserts parmi les dunes de sable qui se modèlent sous l’effet du vent, si bien que nous sommes incapables de le situer exactement non pas en raison de sa mobilité, mais de celle du terrain où il a décidé d’opérer.”-”Damned !” Se borne à dire la colonelle. 
Le regard de B. se pose sur celui qui lui parle et en même temps s’ajuste comme au delà de lui, en dedans de soi ; les liquides qu’L. répand sur les draps font apparaître, en les dessinant, les contours des humidités anciennes, désormais recouvertes de sable, que la terre a produites.

 
La générale envoie son chef d’état-major mater la révolte des mouettes.


“Compris Hector ? Nous ne pouvons plus tolérer aucune fantaisie de ce genre ! “- “Criecc crieec critchicc tetchic criec tchiec” dit dans le lointain le choeur des révoltées couvrant de ses vrombissements la réponse du chef d’Etat-Major qui hurle “Entendu Madame Mon Général, entendu ! Aucune, aucune espèce de fan de fantaisie, non, d’au d’aucun ordre !”-”Crieec Tchic Tchic criecc tchic”.

La main droite de B. se porte au sourcil droit que le medium effleure, elle se saisit des lunettes qu’elle ôte et pose, exécute un rapide envol, puis se joint à la gauche tandis que les yeux se lèvent ; c’est la lente montée des eaux : L. crée autour de lui la mer dans laquelle il se perd. “Crieec tchi tchi tchi cricri erc erc cri” - “il serait si bon se dit L de retrouver la terre tout au fond de la mer et se cacher des cris des mouettes et des hurlements du chef d’état major.”


 
Les infirmières éboueuses exposent les grands blessés


“Aaarrghh.... Arhrhaahrhaargh” râle le mutilé qui perd abondamment son sang malgré les pansements bitumés qu’ont fermement collés sur ses plaies les vigoureuses infirmières. Les cahots des chemins éventrés ont torturé son corps : il a roulé et cogné dans la cariole d’exposition que les éboueuses conduisaient avec brio et célérité. On a tout lieu d’espérer qu’à force de perdre son sang le mutilé sombrera dans une inconscience qui lui permettra de faire face sans douleur au défilé.


“Allons, allons ! Pressons, pressons ! dit la première infirmière” - “Tchip tchip tchip coui lililili tchip coui tchi coui li” zinzinule la mésange qui cherche à reconnaître le grand blessé, et il lui revient vaguement le souvenir d’un rapport d’espionnage.
Le va et vient de la main droite de B. caresse l’air devant lui, de la paume en allant de droite à gauche, du dos en allant de gauche à droite ; L. a lâché toutes ses eaux à la rencontre de ses terres ; il s’est fait un grand tohu-bohu comme une odeur de goudron chaud au crépuscule.


 
Les gloires nationales tâtent précautionneusement le sol miné.

“En avant ! en avant !” - presse la cinquième gloire en poussant la quatrième dans le dos. “Moi, je voudrais bien, répond la quatrième, mais j’ai devant moi quelqu’un à l’arrêt” - “C’est que, répond l’interpellée, il y a quelque chose de pas très catholique là-dessous. On défile, on défile, mais on ne sait jamais sur quoi on peut tomber. Pensez un peu à tout l’explosif qu’on a mis !” - “C’est vrai, mais avançons ! allons !” intime la deuxième gloire. Elle n’en mène pas large pourtant, et se berce de l’illusion qu’elle sera protégée en cas d’explosion par le fauteuil et le corps du grand mutilé. Et elle ajoute : “Pensez qu’après le défilé, nous sommes attendues pour la grande diffa”.

Silence chez les autres... “Ahhhah...” Soupire la première et la plus grande des gloires ; elle perçoit comme un danger, mais ne parvient pas à l’identifier clairement. Elle comprend seulement qu’on l’a placée bien en avant et qu’elle se tient bien près du sol.
Les mains de B. ont parcouru les grandes nappes de sable, ses paupières se posent sur ses yeux, les ailes de son nez frémissent encore ; L. ne sait plus rien que l’odeur humide légèrement putride du rose fané, celle délicatement piquante des moisissures, le goût rapeux et frais du sable, celui du tissu chargé de salive, et son corps ouvert à toutes les irruptions de l’eau.


 
La république généreuse met en service ses ambulances dernier cri.

“Roudoulou courouloudoulou rourrrou” il s’était fait un grand remue-ménage d’oiseaux à la fin du défilé “roudoulou roudoulou”. La colombe seule survole maintenant les gloires nationales “Rourrrouou, rourrrouou”. Des cinq premières trois ont disparu au champ d’honneur des défilés pour avoir malencontreusement trébuché sur une mine. “Courouloudoulou”. Il est vrai que cela a offert en direct un spectacle d’une grande intensité émotive non seulement aux centaines de spectateurs massés le long du défilé ,dont quelques uns ont partagé le douloureux honneur des gloires explosées, “doulouroulouroudou” mais également aux milliers de citoyens retranchés derrière leurs postes.

“Rrououourou”. Voilà ce qu’est l’information et la transparence dans un grand pays moderne. Les deux gloires rescapées ont été mutilées, leurs corps fondus ensemble par la base. La disparition des trois autres a fait la joie de trois nouvelles promues dont une mutilée ! “Vive la république” crient-elles en choeur. “Rouourrlourou” répond la colombe.
B. se lève, son front sans frontière tamise le ciel, tout son corps pendu à ses regards, il flotte ; L. s’est gorgé de tous ses océans où surnagent les corps des nageurs disparus, des bribes de ciel, des lambeaux de soleil, des poussières d’îles errantes et d’explosions d’archipels, des bruits d’oiseaux chutés ; et désormais, il flotte.



Publication en ligne : 22 décembre 2008
Première publication : 1993

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