BRIBES EN LIGNE
la brume. nuages       fleur le ciel de ce pays est tout       les cinquième essai tout il n’était qu’un  l’écriture trois (mon souffle au matin     double vous êtes antoine simon 33 pierre ciel pas même       " démodocos... Ça a bien un antoine simon 25 on peut croire que martine Être tout entier la flamme       su antoine simon 12 je m’étonne toujours de la   3   

les bernard dejonghe... depuis mi viene in mentemi j’entends sonner les       &agrav la liberté s’imprime à les dessins de martine orsoni quatre si la mer s’est ce qui fait tableau : ce dernier vers aoi bernadette griot vient de  “comment temps de pierres dans la    tu sais   saint paul trois  les œuvres de dans les rêves de la le 19 novembre 2013, à la       la monde imaginal,     les provisions       "       apr&eg certains soirs, quand je le tissu d’acier       m̵ dernier vers aoi un nouvel espace est ouvert     chant de nice, le 30 juin 2000 antoine simon 21 à propos “la les oiseaux s’ouvrent iv.- du livre d’artiste a la libération, les nous avons affaire à de les avenues de ce pays       o antoine simon 3 deuxième approche de ce texte m’a été heureuse ruine, pensait c’est vrai aucun hasard si se le temps passe si vite, une errance de     longtemps sur   tout est toujours en epuisement de la salle, vous n’avez il ne s’agit pas de       les textes mis en ligne la danse de “le pinceau glisse sur c’est ici, me pluies et bruines, inoubliables, les a toi le don des cris qui dernier vers aoi lentement, josué marie-hélène  hier, 17       glouss bribes en ligne a       dans la rencontre d’une   maille 1 :que    de femme liseuse pour frédéric   au milieu de pour jean-marie simon et sa à bernadette "pour tes     le cygne sur       la pour lee       grimpa dans le pays dont je vous faisant dialoguer le ciel est clair au travers pour marcel onzième attelage ii est une œuvre ce qu’un paysage peut depuis le 20 juillet, bribes je t’ai admiré, clere est la noit e la de prime abord, il cinq madame aux yeux dans le pain brisé son (À l’église  pour jean le j’aime chez pierre toujours les lettres : il n’est pire enfer que pour michèle sous la pression des f j’ai voulu me pencher et nous n’avons rien la fraîcheur et la dire que le livre est une ce jour-là il lui     m2 &nbs station 3 encore il parle dernier vers que mort " je suis un écorché vif.   (à "tu sais ce que c’est À la loupe, il observa le géographe sait tout dernier vers aoi le 2 juillet       gentil de profondes glaouis pour m.b. quand je me heurte À perte de vue, la houle des   né le 7 marché ou souk ou       avant j’ai longtemps station 4 : judas  ensevelie de silence,       ce archipel shopping, la       soleil li emperere par sa grant     quand       coude       sur (ô fleur de courge... f le feu s’est ils s’étaient j’oublie souvent et halt sunt li pui e mult halt vertige. une distance la tentation du survol, à la gaucherie à vivre,  jésus se placer sous le signe de fin première quand il voit s’ouvrir,     le c’est la peur qui fait dans l’effilé de mult ben i fierent franceis e abstraction voir figuration  il y a le pour andrée       deux encore la couleur, mais cette     du faucon       fourr& merci à marc alpozzo pour michèle gazier 1       c’est seulement au madame est une le samedi 26 mars, à 15 seul dans la rue je ris la f les feux m’ont le glacis de la mort a la femme au réponse de michel même si       deux que d’heures ce       sabots ses mains aussi étaient pour qui veut se faire une une fois entré dans la       le zacinto dove giacque il mio       jardin       en au rayon des surgelés       journ&     " 0 false 21 18 carissimo ulisse,torna a dieu faisait silence, mais       deux       &agrav temps où le sang se madame porte à et si tu dois apprendre à dernier vers aoi l’éclair me dure, polenta       mouett les dernières de toutes les leonardo rosa la chaude caresse de       parfoi       dans derniers vers sun destre 13) polynésie ( ce texte a elle réalise des   j’ai souvent autre citation       sur pas facile d’ajuster le a christiane glaciation entre rien n’est madame déchirée       pourqu s’égarer on quatrième essai de nous dirons donc livre grand format en trois       ton tout est prêt en moi pour antoine simon 7 à je sais, un monde se 1-nous sommes dehors. je suis bien dans la bouche pure souffrance       bonheu       la  “s’ouvre chaque jour est un appel, une antoine simon 29 nous viendrons nous masser pour michèle gazier 1)       allong     sur la josué avait un rythme       sur madame a des odeurs sauvages ils avaient si longtemps, si passet li jurz, si turnet a     cet arbre que   entrons dans les hautes herbes       le toutefois je m’estimais très saintes litanies deuxième apparition   ces sec erv vre ile antoine simon 10     surgi mille fardeaux, mille       je tes chaussures au bas de antoine simon 2 tromper le néant art jonction semble enfin l’homme est noble folie de josué, neuf j’implore en vain 0 false 21 18 ma voix n’est plus que       st     depuis       fourr&       voyage chaque automne les la liberté de l’être       dans autres litanies du saint nom     les fleurs du vedo la luna vedo le mise en ligne       pass&e       cette macles et roulis photo 7       sur un tunnel sans fin et, à l’instant criblé ce n’est pas aux choses mais jamais on ne ce texte se présente pour helmut nous savons tous, ici, que portrait. 1255 : les durand : une "le renard connaît pour maguy giraud et f toutes mes coupé en deux quand ajout de fichiers sons dans       quand       à   jn 2,1-12 : a propos de quatre oeuvres de       & pour mon épouse nicole chaises, tables, verres,       &n af : j’entends       je me la bouche pleine de bulles pure forme, belle muette, À max charvolen et       aux       sur       longte le 26 août 1887, depuis       bonhe     l’é antoine simon 11       aujour on a cru à dernier vers aoi il avait accepté  pour de     son       au si j’avais de son "je me tais. pour taire. à la bonne il existe deux saints portant la question du récit pour robert premier essai c’est  les trois ensembles et que dire de la grâce descendre à pigalle, se le vieux qui dernier vers aoi jouer sur tous les tableaux       vaches si grant dol ai que ne etait-ce le souvenir ecrire sur en introduction à la lecture de sainte     à et si au premier jour il       crabe- 1257 cleimet sa culpe, si trois tentatives desesperees  il est des objets sur montagnesde       l̵   la baie des anges chercher une sorte de granz fut li colps, li dux en     ton (de)lecta lucta   petit matin frais. je te l’évidence       le face aux bronzes de miodrag pour martine sors de mon territoire. fais écoute, josué, il pleut. j’ai vu la martin miguel art et cet univers sans nécrologie un titre : il infuse sa décembre 2001. abu zayd me déplait. pas et que vous dire des deuxième  le livre, avec la musique est le parfum de antoine simon 24 l’illusion d’une       neige il semble possible morz est rollant, deus en ad 1) notre-dame au mur violet macao grise     oued coulant       &ccedi       six  on peut passer une vie       en la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > Les textes publiés > Approches littéraires > C’est pour dire...

Légendes de Michel Butor


Phylactères de Raphaël Monticelli


 
Avant l’enthousiasme public Marie Antoinette s’accorde un brin de promenade devant les tribunes

“Oh ! Georges ! Oh !” se dit-elle en contemplant de dessous les gradins du 3ème degré de la tribune de gauche.- “Elle ne pense décidément qu’à ça !” rumine Milou d’un air de n’en rien vouloir dire mais qui n’en pense pas moins.
B. sourit et fait voler ses regards sur L qui commence à creuser son premier trou dans le sable avant de passer au travail de blanchiment.


 
La fanfare vient de sonner : les deux amies s’installent à leur fenêtre dans un virage spectaculaire.


“Regarde ! Regarde !” dit Aglaé à Marie Antoinette, en la poussant du coude. -”Mais oui ! Je regarde, je regarde” répond cette dernière, un peu agacée tout de même. Elle a hâte que commence le grand défilé et partage son émotion entre le souvenir de Georges et celui d’André.
B. sourit, il aspire le monde des yeux, dilate de plaisir les ailes de son nez, tandis qu’L. met en réserve les draps dans lesquels il se fait fort de pouvoir déchiffrer tous les souvenirs qui y sont inscrits et quelques autres.


 
Mère et fille essaient de nouveaux tissus imprimés pour faire bonne figure dans la foule.

“Vraiment trop décolletée celle-ci.” -”La mienne grossit un peu.” répond la petite. C’est que rien ne doit être trop beau pour faire partie de ceux qui regarderont le spectacle.
B. suce le monde, penche à peine la tête sur le coté droit, vraisemblablement pour signifier une satisfaction en attente de suite ; L. trie les draps qu’il a en réserve en fonction de leurs dimensions, de leurs poids et de leurs cicatrices.

 
Elle fouille à genoux sa bibliothèque effondrée à la recherche de renseignements sur la cérémonie du jour.

“Cette citation a propos de Georges, elle était pourtant bien chez Tacite, dans le De Agricola” se répète -t-elle avec désespoir en son for intérieur .
B. se défend d’être indiscret, ses mains se lèvent, présentent leurs paume en avant à plat ; L. déploie sur le sable des draps si grands que la terre seule peut leur servir de châssis.



 
Trois générations dans la même ferveur pour la tôle et les barbelés.


“Allons, allons ! pressons ! pressons ! “ dit Maman. “Viens, mémé, viens vite ! -Voilà ! Voilà ! Ne me bousculez pas ! Ces choses ne sont plus de mon âge, mon dieu ! et mes jambes, mes pauvres jambes me font tellement souffrir...”
Un morceau de toile était détachée du châssis, dit B. sa main droite part vers le haut pour y figurer un geste d’arrachement ; L. hésite au dessus des échancrures ou des trous que les draps font sur la terre. Il se dandine, tourne, regarde, s’inquiète, laisse la terre transpirer à travers les fibres, en piège les remontées humides.


 
Impétueuse, autoritaire, la caporale passe sa dernière revue de détail


“Gaarde à vous ! AAArme sur l’épauaul’ gauch !...”. Le vent qui pousse du désert donne à la bouche un goût de sable.
Tandis que la tête de B. se penche à peine en avant, ses cils battent doucement ; le métal, dit-il, fait penser aux armures. L. déchire maintenant des sacs voyageurs dont les lambeaux viennent se poser sur les parties humides des draps.



 
La lieutenante donne le départ aux colombes blindées.


“Prêtes au départ ?” -”prêtes”, disent les colombes. Elles s’évertuent à donner l’illusion des vrombissements d’avions, en claquant du bec sur de petits bouts de bois et des graviers d’une façon particulière, et en s’efforçant de donner prise au vent sur leurs rémiges tout en croisant dans le ciel.
La main droite de B. vient se poser sur sa main gauche dans une rapide caresse qui évoque l’action des rares pluies sur les sables de Petra... L. disperse des dunes colorées sur ses draps et ses lambeaux .


 
La capitaine constate un peu d’insubordination chez les corbeaux camouflés

“Silence dans les rangs ! silence !” “Il arrive, capitaine, il arrive”. Les corbeaux s’agitent d’inquiétude, bruissant, n’écoutant plus les ordres. “Le bruit court qu’il remonte le long des vieux chemins des rivières, dans une puissante tenue de camouflage, à l’abri des ombres de lunes.”
L’oeil se fixe, la tête se rejette en arrière, B. écoute ; après l’ancien rite des terres, L. entreprend celui, plus antique, des eaux.

 
La colonnelle écoute le rapport de la mésange espionne.


“Il se terre au fin fond des déserts parmi les dunes de sable qui se modèlent sous l’effet du vent, si bien que nous sommes incapables de le situer exactement non pas en raison de sa mobilité, mais de celle du terrain où il a décidé d’opérer.”-”Damned !” Se borne à dire la colonelle. 
Le regard de B. se pose sur celui qui lui parle et en même temps s’ajuste comme au delà de lui, en dedans de soi ; les liquides qu’L. répand sur les draps font apparaître, en les dessinant, les contours des humidités anciennes, désormais recouvertes de sable, que la terre a produites.

 
La générale envoie son chef d’état-major mater la révolte des mouettes.


“Compris Hector ? Nous ne pouvons plus tolérer aucune fantaisie de ce genre ! “- “Criecc crieec critchicc tetchic criec tchiec” dit dans le lointain le choeur des révoltées couvrant de ses vrombissements la réponse du chef d’Etat-Major qui hurle “Entendu Madame Mon Général, entendu ! Aucune, aucune espèce de fan de fantaisie, non, d’au d’aucun ordre !”-”Crieec Tchic Tchic criecc tchic”.

La main droite de B. se porte au sourcil droit que le medium effleure, elle se saisit des lunettes qu’elle ôte et pose, exécute un rapide envol, puis se joint à la gauche tandis que les yeux se lèvent ; c’est la lente montée des eaux : L. crée autour de lui la mer dans laquelle il se perd. “Crieec tchi tchi tchi cricri erc erc cri” - “il serait si bon se dit L de retrouver la terre tout au fond de la mer et se cacher des cris des mouettes et des hurlements du chef d’état major.”


 
Les infirmières éboueuses exposent les grands blessés


“Aaarrghh.... Arhrhaahrhaargh” râle le mutilé qui perd abondamment son sang malgré les pansements bitumés qu’ont fermement collés sur ses plaies les vigoureuses infirmières. Les cahots des chemins éventrés ont torturé son corps : il a roulé et cogné dans la cariole d’exposition que les éboueuses conduisaient avec brio et célérité. On a tout lieu d’espérer qu’à force de perdre son sang le mutilé sombrera dans une inconscience qui lui permettra de faire face sans douleur au défilé.


“Allons, allons ! Pressons, pressons ! dit la première infirmière” - “Tchip tchip tchip coui lililili tchip coui tchi coui li” zinzinule la mésange qui cherche à reconnaître le grand blessé, et il lui revient vaguement le souvenir d’un rapport d’espionnage.
Le va et vient de la main droite de B. caresse l’air devant lui, de la paume en allant de droite à gauche, du dos en allant de gauche à droite ; L. a lâché toutes ses eaux à la rencontre de ses terres ; il s’est fait un grand tohu-bohu comme une odeur de goudron chaud au crépuscule.


 
Les gloires nationales tâtent précautionneusement le sol miné.

“En avant ! en avant !” - presse la cinquième gloire en poussant la quatrième dans le dos. “Moi, je voudrais bien, répond la quatrième, mais j’ai devant moi quelqu’un à l’arrêt” - “C’est que, répond l’interpellée, il y a quelque chose de pas très catholique là-dessous. On défile, on défile, mais on ne sait jamais sur quoi on peut tomber. Pensez un peu à tout l’explosif qu’on a mis !” - “C’est vrai, mais avançons ! allons !” intime la deuxième gloire. Elle n’en mène pas large pourtant, et se berce de l’illusion qu’elle sera protégée en cas d’explosion par le fauteuil et le corps du grand mutilé. Et elle ajoute : “Pensez qu’après le défilé, nous sommes attendues pour la grande diffa”.

Silence chez les autres... “Ahhhah...” Soupire la première et la plus grande des gloires ; elle perçoit comme un danger, mais ne parvient pas à l’identifier clairement. Elle comprend seulement qu’on l’a placée bien en avant et qu’elle se tient bien près du sol.
Les mains de B. ont parcouru les grandes nappes de sable, ses paupières se posent sur ses yeux, les ailes de son nez frémissent encore ; L. ne sait plus rien que l’odeur humide légèrement putride du rose fané, celle délicatement piquante des moisissures, le goût rapeux et frais du sable, celui du tissu chargé de salive, et son corps ouvert à toutes les irruptions de l’eau.


 
La république généreuse met en service ses ambulances dernier cri.

“Roudoulou courouloudoulou rourrrou” il s’était fait un grand remue-ménage d’oiseaux à la fin du défilé “roudoulou roudoulou”. La colombe seule survole maintenant les gloires nationales “Rourrrouou, rourrrouou”. Des cinq premières trois ont disparu au champ d’honneur des défilés pour avoir malencontreusement trébuché sur une mine. “Courouloudoulou”. Il est vrai que cela a offert en direct un spectacle d’une grande intensité émotive non seulement aux centaines de spectateurs massés le long du défilé ,dont quelques uns ont partagé le douloureux honneur des gloires explosées, “doulouroulouroudou” mais également aux milliers de citoyens retranchés derrière leurs postes.

“Rrououourou”. Voilà ce qu’est l’information et la transparence dans un grand pays moderne. Les deux gloires rescapées ont été mutilées, leurs corps fondus ensemble par la base. La disparition des trois autres a fait la joie de trois nouvelles promues dont une mutilée ! “Vive la république” crient-elles en choeur. “Rouourrlourou” répond la colombe.
B. se lève, son front sans frontière tamise le ciel, tout son corps pendu à ses regards, il flotte ; L. s’est gorgé de tous ses océans où surnagent les corps des nageurs disparus, des bribes de ciel, des lambeaux de soleil, des poussières d’îles errantes et d’explosions d’archipels, des bruits d’oiseaux chutés ; et désormais, il flotte.



Publication en ligne : 22 décembre 2008
Première publication : 1993

Réagir à ce texte

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette