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FATA, FATA 1

Artiste(s) : Rosa L.

F

Les rêves de renaissance fument toujours des feux qui furent.
Quand j’ai voulu approcher ma bouche de celle des enfers, ils m’ont saisi.
Tu en portes toujours la trace au bout de tes fusains.

A

Compagnes fidèles de toutes les naissances et de toutes les morts,
Les eaux sanglotent, grondent, chutent, s’émiettent ;
Multitude où la lumière se brise,
Se disperse.

Respiration des criques
coups d’air au bord protégé des torrents

T

Fille des pertes :
Feu refroidi,
Air expulsé,
Eaux retirées,
Terre est lourde de temps ;
Seule, elle sait le conserver et t’en rendre les fruits.

La part de moi la plus proche de ma mort est terre.

A

Les morceaux de nuit se retirent dans leurs propres replis
(Ainsi le font les oiseaux dans leurs ailes
Qui s’abandonnent au sommeil).
L’aube vacille et chancelle, chassant les chiffons d’ombres.

Au dessus des eaux, dans les fluidités terreuses qui montent des roseaux immobilisés et des bois flottés,
L’air
Tremble
Encore
Incertain
De l’à peine ébauchée d’un fruit au premier plan
Ou de l’improbable présence d’un massif suspendu, dans le lointain, à la légèreté des gouttes de lumières.

Bientôt les horizons se chargeront de transparences bleues ;
L’air le plus proche s’échauffera progressivement,
Et dans l’or pauvre des pailles usées par le temps,
Vapeurs lentes des rêves de renaissance,

Publication en ligne : 2 janvier 2009

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